Nouvelles & Poésie

Jeudi 9 novembre 2006 4 09 /11 /2006 09:21

Gautier, Théophile (1811-1872), écrivain français. Né à Tarbes le 30 août 1811, Théophile Gautier était issu d'une famille de petite bourgeoisie avec laquelle il vint rapidement s'établir à Paris. Il se destinait initialement à une carrière de peintre, mais le 27 juin 1829, il fit une rencontre décisive, celle de Victor Hugo, qui lui donna aussitôt le goût de la littérature. Fidèle à Hugo, Gautier assista avec enthousiasme à la première de son drame Hernani, le 25 février 1830. Vers la fin de l'année 1830, Gautier commença à participer aux rencontres du "petit cénacle", groupe d'artistes et de sculpteurs qui se réunissait dans l'atelier du sculpteur Jehan Duseigneur. Là, il noua des liens très forts d'amitié avec Nerval, Petrus Borel, Alphonse Brot, Philotée O'Neddy, Joseph Bouchardy. Il menait à cette époque une vie de bohême joyeuse et fracassante. C'est le 4 mai 1831 que le Cabinet de lecture publia la cafetière, son premier conte fantastique. Dès lors, son talent dans cette veine fort en vogue à l'époque ne devait cesser de s'affirmer avec des textes comme Arria Marcella, La morte amoureuse ou Spirite.

Parallèlement à ses poèmes, Gautier publia quelques textes de prose, comme les Jeunes-France, romans goguenards (1883) — recueil de contes souvent parodiques — ou le roman Mademoiselle de Maupin (1835). En 1836, Gautier édita son premier article dans la Presse, le nouveau journal d'Émile de Girardin, pour lequel il travailla jusqu'en 1855, après quoi il se consacra au Moniteur universel jusqu'en 1868. Gautier écrivit quelque mille deux cents articles, tout en se plaignant du joug quotidien de la presse — son seul véritable gagne-pain qui était aussi un obstacle matériel à la réalisation d'une oeuvre littéraire. Malgré ses difficultés matérielles, Théophile Gautier parvint à devenir un poète presque officiel à la fin de sa carrière, sous l'Empire, à tel point qu'en 1868 il fut nommé bibliothécaire de la princesse Mathilde. Gautier fut un esthète, privilégiant d'une manière provocatrice l'esthétique au détriment des autres fonctions de l'œuvre. Cet esthétisme est le principal point commun entre ses poèmes, Émaux et Camées (1852) et ses grands romans, le Roman de la momie (1858), le capitaine Fracasse (1863).

Cependant, même s'il proclame son refus de l'engagement, Gautier ne cesse de témoigner sur son temps de la manière la plus passionnée, dans des œuvres comme Voyage en Espagne (1845), les Beaux-Arts en Europe (1855), recueil de critiques d'art, Voyage en Russie (1867) ou Histoire du romantisme (1874). À sa mort, survenue le 23 octobre 1872, Victor Hugo et Mallarmé témoignèrent simultanément de l'importance de cet écrivain par deux poèmes qui furent réunis sous le titre de Tombeau de Théophile Gautier (1873).

Par Elizabeth & Istvan - Publié dans : Nouvelles & Poésie
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Vendredi 10 novembre 2006 5 10 /11 /2006 08:30

Joris-Karl Huysmans
(1848-1907)

Biographie

Né à Paris le 5 février 1848, Joris-Karl Huysmans descend d'une longue lignée d'artistes peintres flamands. Il est inscrit à l'état civil sous la forme francisée de son nom : Georges-Charles Huysmans. Il est à noter que la plupart de ses œuvres ont été éditées — et continuent de l'être — sous la forme abrégée de     J-K. Huysmans.

Après une jeunesse d'humiliation et de panne (le remariage de sa mère avec l'homme d'affaires protestant Jules Og), il poursuit une carrière de fonctionnaire pendant trente ans.

Il publie à compte d'auteur en 1874 un recueil de poèmes intitulé Le Drageoir à épices qui est réédité et rebaptisé l'année suivante Le drageoir aux épices. Un article sur L'Assommoir et un roman, Les Sœurs Vatard (1879), lui valent l'amitié d'Émile Zola et l'amènent à participer à la publication en 1880 d'un recueil collectif intitulé Les Soirées de Médan qui est le manifeste du naturalisme. Ses œuvres peignent alors des existences ternes et une vie quotidienne fade dans En Ménage (1881) et À vau-l'eau (1882). Déjà apparaissent son pessimisme et son dégoût pour un monde moderne composé de sacripants et d'imbéciles.
À rebours (1884) rompt nettement avec l'esthétique naturaliste ; les tendances vers l'artifice du héros, Des Esseintes, sont, au fond, des élans vers un idéal. Un autre personnage, Durtal (Là-Bas, 1891), exprime aussi l'évolution que connaît Huysmans ; cette étape satanique, où se mêlent occultisme et sensualité, précède sa conversion à la foi chrétienne (La Cathédrale, 1898 et L'Oblat, 1903) à laquelle l'ont amené des préoccupations esthétiques : l'écrivain, en effet, vient au catholicisme (En route, 1895), attiré par l'art qu'il avait fondé, comme il avait été séduit par le talent des impressionnistes (Degas, Monet, Pissaro, Odilon Redon) dont il se fait le défenseur dans L'Art moderne (1883).

Au terme d'une difficile évolution, Huysmans cherche à atteindre les en-deçà et les après, à faire un naturalisme spiritualiste tout en gardant son goût du détail cru, des termes rares et de la brutalité véhémente du style, la langue étoffée et nerveuse du réalisme.

Il se retire chez les bénédictines à Paris et y meurt le 12 mai 1907. Il est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris.

Par Elizabeth & Istvan - Publié dans : Nouvelles & Poésie
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